MRSQ – Mon premier 100km

Au printemps 2014, je fais le grand saut, je me sens prêt à faire un premier ultra de 100km. Je choisi le Mont-Royal Summit Quest, MRSQ (http://www.questmontroyal.com) pour les intimes. Mon ami d’enfance Vincent va également faire la course pour la première fois également. 

30$ pour un 100km – rapport prix/distance défiant toute conccurence!

Cette course à toujours lieu le premier samedi près du 21 juin, soit la journée la plus longue de l’année. Le départ du 100km se fait à minuit au sommet du Mont-Royal et va rejoindre le site de départ du 50km dans le West Island pour finalement se terminer au sommet du Mont-Royal.

Nous sommes environ une vingtaine à prendre le départ. Je me situe en haut de la moyenne d’âge de la gang, mais pas encore dans les « vieux ». Ce titre revient à Susan qui est dans la soixantaine et cours des marathons dans des temps de 4 heures.
 

Alex (535), moi (532) et Vincent (534) , intrigué par mes chaussures Hoka One One
 

Le départ est donné et tout le monde s’élance pour descendre le chemin Olmsted à la lampe frontale, premier « thrill » de la course. On va ensuite direction pont Jacques-Cartier par la rue Rachel pour traverser l’ile St-Hélene et Notre-Dame afin de revenir à Montréal par le pont de la Concorde. Avec Vincent, on cours dans le 2e tiers du peloton, et le temps est chaud. On cours depuis une quinzaine de km et Vincent a presque déjà épuisé sa bouteille d’eau. Il commence à avoir hâte d’arriver à un point de ravitaillement. De mon côté, j’ai prévu le pire et je me suis arrangé pour être quasiment autonome avec un sac d’hydratation Nathan de 2litres.

Finalement, près de l’entrée de la piste cyclable du canal Lachine, nous apercevons une voiture avec le coffre arrière ouvert remplie de nourriture, eau et boissons énergisante. C’est un bénévole du club Phoenix, qui nous reçoit. Le moral de Vincent revient au beau fixe et nous continuons à courir sur la piste du canal jusqu’à sa fin à ville LaSalle.

Nous dépassons 3 coureurs dont l’un semble mal en point. L’un des gars qui accompagne le pauvre type est Alex, l’oganisateur du Mont-Royal Fozen Ass. Il nous dit que le coureur a une intolérence alimentaire et semble faire une réaction. Ils ont déjà appelé l’organisateur de la course pour prendre en charge le malheureux coureur.

Il est environ 3 heures du matin et nous longeons les canaux à l’embouchure du canal Lachine. On entends les ouaouarons dont le cris sourd et fort nous surprend. Quelques kilomètres plus loin dans la ville de Dorval, Vincent commence a avoir une démarche erratique. Ce n’est pas le sommeil mais plutôt une douleur dans les nerfs du dos qui lui donne comme un choc électrique qui lui paralyse la jambe pendant une fraction de seconde. Nous ralentissons la cadence et prenons des « walking break ».

On commence à croiser les coureurs plus rapide qui sont sur le chemin du retour, dont Pablo Espinosa qui a le couteau entre les dents. Il désire compléter la course sous la barre des 10 heures.

Il nous reste peut-être 5-6km avant le relais de mi-parcours et nous continuons à avancer mais plus péniblement. Je reste avec Vincent, si les choses empirent, il pourra abandonner au prochain relais. Roger Martel nous dépasse et nous demande si tout va bien. Quelques minutes plus tard, c’est notre doyenne Susan qui nous rattrape, elle semble aussi assez mal en point après une nuit de course.

Finalement Vincent n’en peux plus, il m’annonce qu’il va abandonner au relais du 50km et il part à courir à vive allure sans que j’ai le temps de réagir. Une vraie fusée! Je finis par arriver au relais et Vincent me confirme qu’il s’est trouvé un lift pour le retour.

Il est 6h du matin, et c’est l’heure pour le départ pour la deuxième course qui consiste à un 50km vers Montréal. Je laisse partir tout le monde et je repars pour mon 2e 50km en solo cette fois. Une nouvelle aventure commence…

Cette deuxième moitié de parcours est un véritable test physique et psychlogique. Je décide d’alterner la marche et la course plus fréquement. Après quelque kilomètres, je croise d’autres coureurs qui terminent la première moitiée de parcours, dont Alex qui décide de rattraper le temps perdu. Je les encourage en leur disant que le relais n’est pas très loin. 1 minute plus tard je croise une pancarte qui indique que le relais est à … 4 km. Oups, je me rends compte que j’ai perdu la notion d’espace-temps…

Étant donne qu’il y a beaucoup plus de participants pour le 50km de retour, il y a également un plus grand nombre de stations de ravitaillement. J’en profite pour arrêter à chacun quelques minutes pour manger et boire. Rendu aux alentours de ville St-Pierre, après un relais situé à côté d’ un wagon de chemin de fer (caboose), il y a un cycliste qui m’interpelle : « Hey, tu n’est pas un des gars qui a couru le frozen ass l’hiver dernier? ». C’est alors que je le reconnais, c’est Christian Varin, vainqueur de la dernière édition. C’est un marathonien d’expérience qui cours régulièrement le marathon de Boston. Nous faisons un brin de jasette pendant 1-2 km et il m’avoue son admiration pour les coureurs qui s’attaquent au 100km. Cette discussion m’apporte un regain d’énergie et me donne la conviction que je vais pouvoir terminer les 30km qu’il reste à faire.

Un peu plus loin, à une station de ravitaillement près du marché Atwater, j’aperçois le gars qui était en réaction alimentaire la nuit passée. Il semble aller beaucoup mieux et il apporte son aide pour le ravitaillement. À une autre station, je croise un autre jeune coureur, Sergey, qui a décidé d’abandonner. Il est assis sur une chaise, le regard dans le vide.

Le soleil est haut, il est environ 9-10 heure du matin, soit autant d’heure que je cours. J’approche d’Habitat 67 en direction de l’ile Notre-Dame et île St-Hélène. À partir de là, les prochains 15-20 km seront presque tous en montant, pour arriver au sommet du mont Royal.

Pour les prochains relais, je me surprend à jouer au chat et la souris avec Susan et Roge qui ont décidé de compléter la course ensemble. A chaque fois que je suis à une table de ravitaillement, aussitôt que Susan et Rogers arrivent, je me pousse le plus rapidement possible de façon à être toujours en avance sur eux. Je répète ce jeux à la sortie du pont Jacques-Cartier ainsi qu’au parc Jeanne-Mance.

Le parc Jeanne-Mance est la derniere étape avant l’arrivée. Il reste à monter le chemin Olmsted, et faire une fois le tour du sommet avant d’atteindre la ligne d’arrivée. J’ai les cuisses en feu, je décide de monter les quelques 3-4 km en power walking et j’y met toute mon énergie. Je croise en montant un ex-collègue Marco qui s’entraîne pour un Ironman, pas le temps de jaser, je continue ma marche vers le sommet.

Une fois la croix du Mont-Royal dépassée, c’est la dernière descente vers le chalet, je reprend mes dernières énergies pour courir. Au trois-quart de la descente,, j’entend une voix d’homme crier derrière moi. « Luc!, Luc!, attends-nous! On va finir ensemble ». C’est Roger et Susan!! Un marathonien aurait « pesé sur le gaz » pour avoir la satisfaction de terminer avant eux, mais j’ai décidé autrement… J’ai attendu, on s’est pris la main, Susan, Roger et moi, et on a couru les derniers 300m vers l’arrivée.

Parmi les touristes du dimanche, il y avait les organisateurs ainsi que les derniers finishers qui criaient à tout rompre. Nous étions les derniers et c’était la fête.

Je venais de réaliser une chose : le plus important n’est pas le temps ou le classement – c’est de finir. Les français on un terme approprié : finisher.

  

Merci à Pierre Faucher et ses bénévoles pour l’organisation. Merci Vincent, pour la nuit de retrouvailles et m’avoir tiré sur les premiers 50km. Merci Susan Magher et Roger Martel pour l’inspiration et une fin mémorable..

La prochaine édition de la course est le 19 juin. Je vous encourage à tenter l’expérience de cette course : http://www.questmontroyal.com

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