Courir sur une piste de 400m pendant 12 heures

Été 2015 – à la recherche d’un défi ‘abordable’

Après avoir couru un 100km et fait le lapin au marathon de Montréal, j’étais prêt à relever un nouveau défi. En fouillant sur facebook et quelques sites web comme iskio (www.iskio.ca), j’ai trouvé ce que je cherchais : une course d’endurance sur une piste de 400m!

 

L’événement s’appelle Tourne en rond, et avait lieu au mois d’août 2015. La course comprend 2 formats :

  • un 6 heures
  • un 12 heures.

 

Les avantages de ce type de course sont nombreux :

  • On est toujours en contact avec les autres coureurs
  • On peux s’arrêter n’importe quand et on va quand même ne pas perdre contact avec le reste des coureurs
  • Le ravitaillement est disponible à tous les 400m

 

Le vainqueur est celui ou celle qui a complété la plus grand nombre de tours à l’intérieur du temps imparti. Comble de chance, la course cette année se tient à un nouvel endroit, ma ville de résidence!  Aux personnes que j’en parle, on me mentionne le risque que la monotonie s’installe. Mais, c’est justement ça que je veux tester.

 

Je décide donc d’y aller pour le full 12 heures. Soit de 6 heure le matin à 6 heure le soir. Quelques jours avant la course, je consulte la liste des participants et je constate que nous seront 8 personnes à faire le 12 heures et un peu moins de douze pour le 6 heures.  Ce sera donc une course intime, à l’opposé des grands événements comme la marathon de Montréal.

 

J’arrive donc au jour J vers 5 :25 afin d’installer mon attirail sur le bord de la piste. J’apporte :

  • Des chaussures de rechanges
  • Une 2e paire de chaussettes
  • Des shorts
  • Un t-shirt
  • Des gels, capsules de sel, barres énergisante
  • Une chaise de parterre (en cas de grande fatigue).

 

Les autres coureurs s’installent également à côté de moi. Certains installent des tables où ils disposent leur trucs, d’autres un abri pour le soleil.

 

Je fais la connaissance de mon voisin Denis Michaud, un gars sympatique qui m’offre d’utiliser son abri si jamais j’ai besoin de m’allonger pendant la course. Je rencontre également 2 autres coureurs que j’ai déjà croisé dans des ultras précédent : Roger Martel, un gars dans la fin cinquantaine et dont la spécialité semble être les courses s’étalant sur plusieurs jours; Pablo Espinosa, le gagnant du 100km MRSQ que j’avais participé il y a 2 ans (voir mon billet à ce sujet)

 

Une fois mon attirail installé, je vais rejoindre l’organisatrice Josée Tremblay pour l’aider dans les derniers préparatifs. Josée est l’une des 2 femmes qui prendra la départ du 12 heures. Josée qui est aidée de son conjoint a pensé à tout. Au lieu de confier le comptage de tours à des bénévoles, elle a payé les services d’une firme de chronométrage (Jikko) pour s’occuper de tout: le gros luxe!  En bonus, nous avions également à notre disposition un service de massage sous une tente. Je me disais que cette course pourrait être  l’occasion d’essayer ce service. Je n’aurais pas cru si bien dire…

 

5 min avant le départ, on prend une photo de groupe et on recoit les consignes pour la journée. Nous allons changer de sens à toutes les 3 heures, ceci afin de donner un break à nos chevilles et changer le paysage.

 

Photo de famille au départ du 12heures
Photo de groupe avant le départ. Dans l’ordre: Denis, Josée, Pablo, Roger, Moi, Don, Marion, Olivier

 

Comment se fait le départ d’un 12h? Tout en douceur, car la journée va être longue. Pour tenir le coup, je me donne comme plan de match de prendre un « walking break’ de 5 min à toute les 45 min. J’ai programmé ma fidèle montre Garmin Forerunner 305 (avec une pile neuve) pour qu’elle sonne une alarme. On pourrait penser que le temps est interminable dans ce genre de compétition mais il n’en ai rien. En fait tout au long de la journée, je vais faire plus ample connaissance avec chaque coureur/coureuse. Voici le portrait de certain d’entre eux:

 

Pablo Espinosa – l’athlète

Je vais faire au courant de la journée plusieurs tours côte à côte avec Pablo. C’est gars avec une shape athlétique, on a l’impression qu’il doit être bon dans n’importe quel sport. Il possède d’ailleurs plusieurs victoires à son palmarès :

  • MRSQ 100km de 2014 et de 2011
  • Self trancendance 24h de 2015 (204km !)
  • Tourne en rond 2014 (106 km)

Dans ma tête il est un prétendant sérieux pour faire le plus grande distance aujourd’hui.

 

José Tremblay – l’énergique coureuse

En plus d’organiser la course, Josée se tape également le 12 heures. Je vais courir plusieurs tours pendant la journée à ses côté et elle aura l’occasion de me parler d’un paquet de choses : les courses qu’elle a participé, la rivalité sportive entre Pablo et Denis ainsi que les défis d’être une RD (Race Director) et de tenir un événement abordable qui puisse s’autofinancer. À un moment donné pendant l’après-midi pendant qu’elle me suit elle me demande : «  c’est quoi ton pace actuel? » Je lui dis que je prend ça relax et que j’oscille entre 6 minutes 30 et 7 minutes du km. Elle me répond « T’es ben discipliné, moi je suis pas capable de courir lentement.» Plus récemment, Josée a fait l’objet du segment ‘motivation’ de l’émission Cours Toujours où elle raconte son parcours personnel : http://matv.ca/montreal/matv-blogue/mes-articles/2015-10-02-cours-toujours-en-mode-zen

 

Roger Martel – la force tranquille

C’est ma troisième course avec Roger. Je l’ai connu lors de mon tout premier ultra, le Mont-Royal Fat Ass et ensuite au 100km du MRSQ en 2013. Je vais tout de suite vous l’avouer : j’ai une très grande admiration pour Roger. C’est un gars qui est discipliné et qui est qui a une volonté de fer. C’est ainsi qu’il participe à des courses comme le Self-Transcendence 6 Day Race à New York en 2014, où il a couru 579km!!!

 

Don et Marion Landry – Mops and Pops

Si on pense que les ultra sont réservé aux personnes de 30 à 50 ans, imaginez ma surprise quand je fais la connaissance de Donald et de sa conjointe Marion. Ces deux sont âgés d’environ 70 ans et passent leur vie à courir. Au fil des tours Don me raconte comment Marion est tombée amoureuse de la course à pied en faisant son premier marathon à New-York, ensuite elle à dit à Don, « que dirais-tu de faire le prochain à Paris? » Après cette course, ils s’en vont aux États-Unis pendant quelques mois afin de faire un marathon dans chaque état, et ce, pour une 4e fois!

Voici un article qui résume bien leur vie : http://mainlymarathons.com/runner-spotlight/2015-spotlights/october-2015/

Je me sens vraiment privilégié de courir avec ces athlètes d’exception et qui me font la conversation sans flafla.

 

L’avant-midi

Ma course se déroule très bien pendant les premières heures. Vers 11h, la chaleur atteint son max avec tout prêt de 37 degrés. C’est une journée qui va être très très chaude. J’avale de grandes quantité d’eau et je m’en verse régulièrement sur mon buff, histoire de garder la tête froide. Au classement, pour l’instant j’oscille entre la 3e et 4e place, derrière Denis, Pablo, Josée et Roger dont nous échangeons de place au fil de nos arrêts. Pas loin derrière se situe Olivier, et finalement Mops & Pops ferment le peloton.

 

13h – le monde est petit

Au détour d’une courbe, un des coureurs du 6h m’interpelle « Hé, êtes-vous M. Dancause? Venez-vous de Richmond? ». Positif pour les deux questions! C’est alors que je fais la connaissance de Sylvain Bernier, un gars de Kinsey Falls en Estrie qui connait très bien mon frère Gilles. Wow!, ça fait tout bizarre de rencontrer un gars de mon coin et qui connait ma famille; c’est comme si je rencontrait un cousin dont je n’avais pas vu depuis quelques années. La connexion est immédiate. Je suis également surpris d’en connaître plus à son sujet. Sylvain est un coureur élite d’ultra qui a déjà représenté le Canada à l’international notamment aux championnats du monde en Autriche en 2005 et Taiwan en 2006.

 

14h – la vrai course commence

Après 8 heures de course mes cuisses sont en compote et je décide d’aller me faire masser pendant un dix-quinze minutes. Aaaaaah! Ça fait mal! Mais en même temps cela m’aide à faire passer les crampes. Je repars de plus belle en alternant la marche et la course plus fréquemment.

 

Petite pause glouglou après 8 heures de courses
Petite pause glouglou après 8 heures de courses

15h – état de la situation

Cela fait 3 heures que le départ du groupe de 6 heure est donné (9 heures dans mon cas) et les coureurs se séparent en 4 grands groupes :

  • Les coureurs du 6 heures courant au rythme pour couvrir 60km et +
  • Les coureurs du 12 heures courant au rythme pour faire 100km et +
  • Les coureurs du 6h et du 12h qui vont  figurer dans le top 6 de leur course (moi?)
  • Les autres qui vont compléter la durée mais qui prennent leur temps et font de nombreuses pauses

 

 

16h – un pied devant l’autre, recommencer au besoin

Finalement, je dois m’arrêter une 2e fois à la station de massage. Et cela fait autant mal que lors du premier massage 2 heures plus tôt. La thérapeute est bien contente car je suis son seul client de la journée à part Josée qui fait un arrêt, histoire qu’elle puisse se sentir utile.

 

18h – l’arrivée

Je vais finalement compléter le 12 heures avec le sourire. Au total, j’ai parcouru 78km, bon pour une 5e place chez les hommes. Voici le classement :

  • Denis Michaud : 281 tours, soit 112,4 km
  • Pablo Espinosa : 266 tours, soit 106,4 km
  • Josée Tremblay : 220 tours, soit 88 km
  • Roger Martel : 214 tours, soit 85,6 km
  • Olivier : 202 tours, soit 80,8 km
  • Luc Dancause (moi !) : 196 tours, soit 78,4km
  • Don Landry: 167 tours, soit 66,8 km
  • Mario Landry: 160 tours, soit 64 km

 

Les 3 premières places chez les hommes
Les 3 premières places chez les hommes

 

 

Je suis content de ma performance, avec la grande chaleur, j’ai du baisser mes attentes. Je suis agréablement surpris de voir qu’Olivier à réalisé une plus grande distance que moi. Il a ben géré son 12h et sa constance a porté ses fruits.

 

Malgré mes nombreux arrêts, j’ai adoré ma journée et j’y ait fait la connaissance d’êtres d’exception. Je me rends compte que la communauté des coureurs d’ultra sur route est relativement petite, mais combien sympathique.

 

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