Mon premier ultratrail

Le 24 juin dernier avait lieu le Ultimate XC à St-Donat. C’était pour moi l’occasion de courir mon premier ultra en trail en participant à la course du 60km. J’avais mentionné dans mon billet précédent que j’ai failli ne pas me présenter à cause d’un mal de dos. Heureusement, le mal s’est résorbé même si je n’ai pas beaucoup couru dans les dernières 3 semaines avant la course.

 

Un 60km sur route ne m’aurait guère inquiété, mais sur trail, et de surcroit en terrain montagneux, c’est une toute autre histoire. En fonction de mon état de santé, je me suis fixé comme objectif de terminer la course à l’intérieur du temps limite de 10h30.


 

J’ai également réussi à trouver un hôtel à moins de 50m du site d’ou partent les navettes qui vont nous porter à la ligne de départ.  Je profite de la veille du départ pour découvrir la charmante ville de St-Donat et espérer rencontrer en chair et en os quelques connaissances Instagram/Strava (Aurore, Stewart, Isabelle, Patrice, etc.).

 

5h00 – le matin du départ

Je me réveille sans trop de difficultés et je me fait un petit déjeuner dans la salle de bain pendant que ma conjonte dors à poings fermés. J’avais préparé mon attirail la veille et il ne me reste qu’à m’habiller.

Mon mato pour le 60k incluant le drop bag

Premier petit inconvénient : j’avais prévu courir en portant des verres de contact et lunettes soleil sauf que mes lunettes de soleil se sont cassées en deux dans mon étui. Cela semble être un défaut récurrent des lunettes Louis Garneau avec lentilles interchangeables que j’ai acheté il y a 1 an…

 

5h45 – point de rencontre navettes

Première constatation, même si je commence a m’y habituer, le crowd est jeune et mince. Étant dans le groupe des cinquantenaires, on ne doit pas être pas plus que 7-9 personnes avec un gars dans les 60. Ca jase à qui mieux mieux en attendant les 2 autobus.

 6h15 – ligne de départ


La navette prends un bon 25 minutes pour nous porter au point de départ. Arrivé sur place, je reconnais l’acteur Patrice Godin et je vais le saluer brièvement. Avant le coup de départ, on nous dit que le sol est particulièrement sec par rapport aux années précédentes. Les coureurs de la Petite Trotte à Joan (120km) sont en avance de 4 heures par rapport à l’année dernière. 10 secondes plus, sans tambour ni trompette, c’est le départ.

 

7H15 – un premier sommet

Après le GO! Le peloton est parti à vitesse grand V, je me suis efforcé de trouver un rythme confortable; pas facile dans un sentier « single track » ou les plus vite vous souffle dans le dos en attendant de pouvoir vous dépasser.

 

1 heure plus tard, après un premier sommet de 700m de gravi, je regarde ma montre. Cela fait déjà une heure que je cours et j’ai parcouru.. 5km. Wow, j’ai maintenant la preuve que les distances en trail ne se courent pas à la même vitesse que sur route. Je vais en avoir pour mon argent.

 

8hH15 – un autre sommet

une fois le premier sommet franchi, je me dis que je vais pouvoir dévaler la pente à bonne vitesse en me laissant aller par la gravité, mais c’était chose presque impossible tant les roches sont nombreuses et mal placés. Chaque pas en avant exige une concentration pour choisir le bon endroit ou mettre le pied et se garder une marge de manoeuvre en cas de glissement ou de torsion de la cheville.

 

Je remonte un 2e sommet, à 800m cette fois.  Le peloton qui était serré au début est maintenant bien étiré. J’estime que je suis dans le dernier tiers des participants. Les jambes sont molles, j’ai le souffle court mais le moral est bon.

 

12h00 – À l’assaut de la montagne noire

Cela fait déja 5 heures que je cours et je suis en mesure de garder un rythme qui évite que mon coeur s’emballe. J’ai traversé 2 points de ravitaillemen à date et les bénévoles sont très sympatique. Par contre je remarque que les choix de nourriture offerts sont restreints. Normal me dis-je, je suis dans le peloton de queue. C’est ainsi que j’ai une fixation pour boire une bonne georgée de Cola en voyant une caisse de canettes de Coke vide.

 

Mon moral est bon. À cette étape de la course, l’élément de difficulté consiste  à supporter les mouches à chevreuils et autres moustiques du genre qui me tournent autour de la tête et essaient de se faire un nid dans mon buff. Heureusement, je ne ressent pas trop de piqures sur mes bras et jambes. Je réapplique du chasse-moustique qui est supposé durer 10 heures (en conditions sédentaire normales).

 

Je suis entrain de grimper la montagne noire et je croise à une heure d’intervalle, 2 gars mals en point sur le bord de la piste. Je leur demande si tout va bien, ils me disent que c’est ok. J’essaie de me souvenir de leur accoutrement si au prochain relais on me demande des nouvelles du peloton derrière moi.

 

14h00 – Une fin prématurée

Avec les heures qui passent, je me rends bien compte que cela va être difficile à respecter le « cutoff ». Le cutoff signifie que je dois atteindre le relais situé environ 20k avant l’arrivée en moins de 7 heures. Ceci a été déterminé afin que les coureurs complètent le parcours en moins de 10h30 et pour assurer leur sécurité.

 

Au fil des kilomètres, j’ai l’occasion de courir à côté de quelques coureurs. L’un deux me mentionne en être à sa 2e tentative pour compléter le 60k. Selon ses estimations, nous sommes « on time », rendus à mi-parcours.

 

Plus tard, je rejoins un autre coureur qui a fait le 38k l’année précédente et qui me mentionne l’énorme différence en difficulté entre les 2 parcours. Je m’accroche et les heures s’égrennes pendant que je prend 1 gel à chaque heure.

 

Nous sommes peut-être à 4 km du fameux point de cutoff et il reste un peu plus de 40min. Je me dis que cela devrait passer juste. C’était sans compter sur une montée abrupte dans un sentier de roche en plein soleil où il fait un 30-32c. J’arrive finalement à la table de ravitaillement mais… 10 min trop tard…

 

un DNF , ce n’est pas la fin du monde

Les bénévoles m’indiquent que la course s’arrête ici, que les rubans sur le sentier ont été enlevés et qu’une bénévole va nous reconduire à l’arrivée. Ok, j’accepte la décision. J’aurais pu terminer le parcours, mais pas dans le temps limite. 2 autres coureurs arrivent 5-10 minutes plus tard et prennent plus mal cette décision. Ils essaient de négocier avec les bénévoles pour continuer la course mais finalement finissent par entendre raison. 

L’arrivée – ni vu, ni connu

Une vingtaine de minutes plus tard, je suis à la ligne d’arrivée. Il y a beaucoup de monde. Les participants des courses de 21, 38, 60 et 120 km arrivent au fil des minutes.. Je n’ai pas de médaille, mais j’ai quand même droit au repas et à la bière gratuite. Mmm, ca fait du bien.

 

Je m’installe sous une grande tente et j’entends l’annonce de l’arrivée de Pierre Faucher et de son buddy Anatoly qui complétent le 120km. Tout un exploit! Je vais les féliciter un peu plus tard et on discute un peu.

 

Je fait un post instagram qui annonce mon DNF, et je regarde tout ce beau monde qui viennent de compléter avec succès leur défi.

 

L’après-course

Dans les heures qui ont suivi, j’ai scanné Instagram et Facebook pour suivre les commentaires et les nouvelles de tous et chacun. J’ai également reçu des messages d’encouragement sur Strava : merci à P.Godin, R.Souaid, Isabelle et M.A.Bellavance pour vos bons mots et aux autres pour vos « j’aime ».

 

En vérifiant le site de chronométrage associé à la course, vous ne trouverez pas mon nom, ni aucun autre nom de personne déclaré DNF; que ce soit par abandon volontaire ou par cutoff. C’est un peu comme si je n’avais jamais officiellement participé à la course. Ceci est mon seul regret.  Seuls ceux qui étaient présents ou qui consultent mon profil Strava (prove it), savent qui j’y étais.

 

FEEDBACK EN VRAC

  • « Overall », j’ai aimé mon expérience. Même si ce fut la course la plus difficile que j’ai paticipé à date.
  • J’étais loin d’être top shape – dû à mon dos barré quelques jours avant. Cependant j’ai terminé la course en bon état, sans blessure, ni fatigue extrême. J’étais loin du bonk éprouvé au marathon de Mtl en 2012.
  • J’ai trouvé l’hébergement parfait pour moi et ma conjointe
  • OUI – je vais retenter l’expérience
  • OUI – je vais faire plus d’entrainement sur de LONNNGUES côtes (D+ !!!)
  • Au niveau des chaussures, je portait des Salomon S-Lab Sense Ultra Soft Ground : ils ont performé top notch. J’avais également apporté dans mon drop bag des Salomon Speedcross 30, très populaire parmis les participants. Avec les dénivellés à monter, je me demande si un drop plus important améliorerait mes mon confort et ma performance..
  • Alimentation : en entraînement je prend habituellement des gels de la compagnie VEGA. Pour la course, j’ai plutôt opté pour des gels POWERBAR à la saveur de vanille et latté. Ce fut un bon choix, je n’ai eu aucun problème gastrique pendant mes 7 heures de course.
  • Sac d’hydratation : si ajourd’hui le standard sur les pistes semble être les sacs Ultimate Direction, je reste fidèle à mon bon vieux sac Nathan qui est super pratique et qui peux contenir 1.5l d’eau.
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